1/ Présentation de Grégory PASQUEILLE:
Je me présente, Grégory PASQUEILLE, 25 ans, je suis membre de pas mal d'associations et de collectifs appartenant à la Gauche, voire même extrême gauche comme:
Jeudi Noir ( spécialisé dans les réquisitions de logements vides sur Paris et en région Ile de France);
MACAQ (spécialisé dans l'animation des quartiers et de la jeunesse et informatique);
Membre du comité de soutien à la Coordination des Sans Papiers de la CSP75 (qui occupent à l'heure où je vous parle un local appartenant anciennement à la CPAM, mais avant tout nous avions occupé la Bourse dans le 03 ème arrondissement de Paris);
Membre créateur du Comité Résistance Citoyenne ( en ce qui concerne toutes les luttes étudiantes mais aussi autres contre le Gouvernement de Nicolas SARKOZY);
Membre du collectif Appel des Appels (lancé l'année dernière par Roland Gori);
Membre du collectif « je ne veux plus rentrer chez moi » ( qui se réunit tous les lundis soir devant chaque mairie de Paris);
Membre du réseau « No Border » qui se bat pour la libre circulation dans tous les pays et aussi pour le soutien des sans papiers...
2/ Présentation du camps No Border:
En tant que membre du réseau « No Border », j'ai donc été participer à la semaine qui s'est déroulée entre le lundi 23 et jusqu'au lundi 29 juin 2009, dans la ville de Calais.
En effet, nous avions été mis au courant qu'il allait se passer des choses dans la ville de Calais, en particulier le démantèlement de la « Djungle », lieu où vivent tous les migrants qui sont à Calais et qui veulent aller en Angleterre. Lors de notre arrivée le lundi 23 juin 2009 sur le camps, nous étions comme d'habitude fouillé par les agents de police (qui je le précise, il y avait la Brigade Anti Criminelle, les chiens policiers, CRS, Gendarmerie Nationale et autres...) qui faisaient une vérification systématique de ceux qui entraient et qui sortaient du camps.
Il faut aussi savoir des informations comme par exemple: quand un bus prenait un passager qui venait du camps, le chauffeur avait reçu l'ordre d'appuyer sur un bouton, de laisser les portes fermer jusqu'à l'arrivée de la police.
Mais il n'y a pas que cela, alors que je vais en ville avec un copain, je constate que les riverains font les courses avec de gros cabas comme si une troisième guerre mondiale allait se passer, je leur ai donc demandé pourquoi ils faisaient tout ceci, certains ne répondaient pas, pendant que d'autres disaient qu'il s'agissait du discours de la mairie de Calais en ce qui concerne les membres de No Border. A savoir que la mairie de Calais ne voulait pas que ce camps puisse se passer comme quelques mois auparavant à Strasbourg ( pour ceux qui se souviennent il s'agit du contre- sommet du G20 en avril 2009). Calais ne voulait en aucun cas d'une ville assiégée par les « casseurs ». La mairie de Calais avait aussi précisé et demandé à la population de ne pas trop sortir durant la semaine pendant que les No Border étaient là.
Nous étions à peu près 500 militants sur le camps, nous avions aussi invité toutes celles et tous ceux qui voulaient se joindre à nous. En effet, nous avons réussi à dédramatiser en invitant la population à nous rejoindre, à partager et discuter ainsi toutes et tous ensemble. La semaine s'est bien passée, puis il y a eu enfin le moment que tout le monde attendait, la fameuse manifestation.
Nous avions commencé à partir donc le samedi matin du 27 juin 2009 à partir de 07 heures, car on ne savait pas si nous allions être bloqué ou non, mais bon, nous avons bien fait.
Nous avions rendez vous normalement le samedi matin à 10h00 au phare de Calais pour la fameuse manifestation dont des partis politiques (Verts, NPA, etc...) mais aussi des syndicats (CNT, etc...) et associations et autres nous y attendaient. Ce qui se passa, c'est que dès que nous étions parti du camps, la police nous fouillait, mais aussi essayait de nous attaquer afin que nous y répondions pour donc dire que les No Border (pour la plupart des militants d'extrême gauche) sont des « terroristes », ce qui n'est pas le cas. Nous avons été fouillé donc au départ, puis sur la route assez fréquemment, ce qui nous fit arriver au point de rendez vous vers midi, tout en partant à 07h00 du matin. La manifestation avait ainsi été autorisée jusqu'à 14 heures, ce qui nous resta donc plus que deux heures. Il y avait eu de la provocation gratuite de la part de la police assez régulièrement, aussi bien sur la manifestation que sur le camps...
Je me serai tout de même fait contrôler 25 fois sur la semaine, aussi en sachant que pour 500 militants, il y avait plus de 4,000 policiers (dont la moitié venant de Paris). La fin du camps est prévu pour le lundi 29 juin 2009. Donc ce jour, tout le monde rentre chez soi.
3/ Ce qui se passe lors de la soirée du 14 juillet 2009:
Alors que le camps est donc terminé, nous rentrons donc tous chez nous. Je rentre sur Paris, pour quelques jours, puis je décide ainsi d'y retourner pour aller vraiment voir mais surtout aider ces pauvres gens.
Un premier article apparaît dans le journal « Nord Littoral » du vendredi 10 juillet 2009 avec comme titre suivant: « Les No Border de retour », alors que je ne vois que un article me concernant uniquement.
Puis, arrive donc le jour du 14 juillet 2009, alors que nous sommes dans un bar, pas loin du tout de la place d'Armes, nous recevons un sms avec marqué dessus: « Le maire de Calais est sur la place en train de distribuer des lampions pour les jeunes »...
Je décide alors d'y aller, et j'y suis rejoins par des copains assez rapidement. Puis, je décide de passer à l'action en allant au devant de Madame le Maire de Calais, au début je lui demande si je peux avoir moi aussi un lampion, celle-ci me dit que je suis trop âgé que ce n'est pas pour moi. Alors, je commence à vouloir passer à l'action un peu plus osée on va dire, je lui demande donc si il y a possibilité d'avoir entre 700 à 800 tickets de douches pour les migrants, celle-ci me réponds ainsi que ce n'est ni le lieu ni le moment, alors je lui demande de me dire c'est quand le moment, celle-ci me répond encore que ce n'est pas le moment. Intervient alors une personne assez âgée et assez bien portant qui commence à me pousser. J'ai donc un copain qui vient et qui lui rétorque cette phrase-ci: « Toi, heureusement que tu es vieux et que tu as des lunettes », phrase qui sera reprise par la suite. Voyant tout ceci, Madame Natacha Bouchart, maire de Calais demande alors de faire alerter la police qui arrive assez rapidement sur place, car il lui aura fallu à peu près 5 minutes pour arriver avec trois voitures de police pour un seul homme à embarquer. La police me demande ma carte d'identité que je ne donne pas tout de suite, donc ceux-ci m'arrêtent devant tout le monde et aux yeux de toutes et tous. Je suis donc assez vite menotté, puis embarqué en voiture de police pour être emmené au commissariat de police le plus proche de Calais. Là, ils me font un contrôle d'alcoolémie (avec un taux de 0,00% d'alcool), puis me passent dans la salle de déshabillement (on me met à poil, faire voire mon cul si je n'ai rien mis dedans je dois écarter mes fesses, faire voire ma verge et tousser) puis on me met en cellule.
On me questionne après deux heures être resté dans la cellule sans rien voir ni parler, je vais donc dans un bureau, où je suis questionné par une femme policier, mais aussi un homme qui me pose pas mal de questions aussi, à qui je ne réponds pas au début puis ensuite oui je décide de lui répondre quand même. Puis de plus en plus ce sont des question d'ordre privé et de vie privée, je leur réponds, mais surtout je vais signer et avouer ma culpabilité alors que je sais que je suis entièrement innocent sur tout, mais que faire et comment faire face à une institution comme celle de la Justice en France?
Puis je retourne dans ma cellule jusqu'au lendemain matin. On vient ensuite me chercher pour prendre mes empreintes et me prendre en photo, ce qui me prend un petit quart d'heure au total. Puis je sors le 15 juillet 2009 à 12h50, ce qui m'aura fait une durée de 14 heures au total de ma garde à vue.
Lors de ma sortie, n'en pouvant tellement plus, je commence à craquer. Puis je me ressaisis, voyant que j'aie deux plaintes: la première venant de la part de la police en qui j'aurais sois disant dit: « bandes de connards, bandes de petits cons, appelez la presse et mon avocat, j'ai des relations », alors que je n'ai jamais dis la première partie de phrase, qui est la suivante:
« c'est une arrestation politique, appelez la presse et mon avocat, j'ai des relations », voyez donc la transformation du début de la phrase.
Puis la seconde plainte vient de Monsieur Claude Demassieux (Directeur de cabinet de madame le Maire de Calais) qui a porté plainte pour outrage envers un responsable d'utilité publique.
Je me suis donc mis à me renseigner pour savoir qui était réellement Claude Demassieux, quand on tape son nom sur Internet, on comprend donc vite pourquoi j'aie une plainte derrière moi, j'ai vu que celui-ci avait été Député entre 1993 et 1997 dans la septième Circonscription du Pas- De- Calais, en particulier à Calais.
Pour plus d'informations, voici mes blogs, et mes adresses mails:
http://coucou22204.kyblog.com
http://myspace.com/ouvreursvolontaires
gregorypasqueille@voila.fr
ouvreursvolontaires@gmail.com
Pasqueille_greg@hotmail.fr
gregory.pasqueille@yahoo.fr
jeunesarretes@gmail.com
Grégory PASQUEILLE